lundi 26 mai 2008

Culture et humour en Sarkofrance

Rire de tout mais pas avec n'importe qui
Nicolas Sarkozy n'apprécie pas être caricaturé. On le savait. Il s'est récemment constitué partie civile dans une affaire instruite à Alberville (Savoie) et portant sur des tee-shirts parodiques dont certains utilisaient son patronyme suivi du slogan "tolérance zéro."

La plainte de Nicolas Sarkozy a été déposée il y a quelques jours auprès du parquet de la ville, où est instruite l'affaire, et s'ajoute à celles de nombreuses sociétés comme Lacoste et Heineken, dont les logos ont été repris et détournés avant d'être imprimés sur des tee-shirts destinés à la vente (source).
Militer ou chanter, il faut choisir
Maxime Le Forrestier explique, dimanche 25 mai, que la chanson politique ne l'intéresse plus depuis longtemps.
Mais j'ai choisi de faire des chansons pour distraire. Pas pour dire aux gens quoi penser. Et puis, on a beaucoup assisté à de la politique politicienne ces derniers temps. Je ne me vois pas écrire une chanson sur Sarkozy. Dans Là-bas la Terre, j'aborde le thème de l'immigration. Sans désigner de coupables. Tout le monde le fait, tout le monde a un avis sur tout aujourd'hui. Et quand tout le monde braille la même chose, on n'entend plus rien. A l'époque de Parachutiste, la presse était aux ordres, la radio et la télé appartenaient à l'Etat. Et comme dans tous les régimes où les médias sont muselés, les chanteurs et les histoires drôles prennent le relais. Quand j'ai écrit Entre 14 et 40 ans, aucun journal n'avait signalé que les flics, durant les évènements de Mai 68, interdisaient l'accès au jardin du Luxembourg aux hommes seuls entre 14 ans et 40 ans. Donc, la chanson avait une utilité (source JDD)
Le film politique est bien vivant
Les festivaliers réunis à Cannes depuis le 14 mai ont pu voir "Johnny Mad Dog" de Jean-Stéphane Sauvaire (sur les enfants-soldats au Libéria), "C'est dur d'être aimé par des cons" de Daniel Leconte (sur le procès de Charlie Hebdo), "Le Silence de Lorna" des frères Dardenne (sur le mariage blanc d'une immigrée albanaise). Une preuve que le cinéma politique n'est pas mort.


OGM

Jeudi dernier, le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés a été définitivement adopté après un dernier vote du Sénat. La gauche portera aujourd'hui un recours devant le Conseil constitutionnel.

Au Sénat, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet avait gentiment menacé les sénateurs à adopter le texte pour éviter une condamnation de la France pour non-transposition de la directive européenne sur les OGM.

L'article premier du texte reprend l'amendement du député communiste André Chassaigne stipulant que les organismes génétiquement modifiés ne peuvent être cultivés que dans "le respect des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales sans OGM".

Le gouvernement et la majorité ont limité la portée de cet amendement. Le seuil correspondant au "sans OGM" sera fixé espèce par espèce par le gouvernement sur avis du Haut conseil des biotechnologies, créé par la nouvelle loi. Et cela, dans l'attente d'une définition du "sans OGM" au niveau européen. Le décret créant le Haut conseil "sera promulgué avant la fin du mois de juin", a précisé le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo dans un communiqué, saluant "l'un des textes les plus protecteurs au monde".

Les écologistes estiment au contraire que cette loi ne protégera pas l'agriculture française et les consommateurs du risque de contamination par les OGM. Ils exigeaient notamment une définition du sans OGM correspondant au seuil de détection de 0,1% (source).
Pour comprendre l'hostilité de la gauche à ce texte, qui trahit selon elle les objectifs du Grenelle de l'Environnement, voici une explication de vote. Une parmi d'autres. Celle de Martine Billard, députée parisienne Verte.

« Notre collègue de l’UMP nous a expliqué que l’humanité avait été capable de grandes choses. Il a oublié d’ajouter qu’elle est aussi capable, malheureusement, de déclencher de grands désastres ! C’est un fait, cette loi joue avec l’avenir de notre agriculture, de notre santé et de notre planète. Il faudrait arrêter de faire preuve de mauvaise foi, mesdames et messieurs de l’UMP !

Sur tous les bancs de cette assemblée, l’accord s’est fait pour poursuivre les recherches en laboratoire. Ce que nous refusons, ce sont les plantations d’OGM en plein champ, car la dissémination est irréversible pour plusieurs décennies, comme on le voit en ce moment aux États-Unis.

Nous ne refusons pas la transcription de la directive européenne, monsieur le ministre des relations avec le Parlement ! Personne n’a jamais dit cela ! La question de fond est de savoir comment transcrire cette directive : nous ne refusons pas qu’il y ait une loi, nous rejetons seulement la loi qui nous est proposée.

Il y a eu, de 2000 à 2003, un moratoire au niveau européen sur les OGM, organisé à l’initiative de Mme Voynet sur la base d’un accord politique entre les gouvernements. Et c’est votre majorité qui, avec Mme Bachelot, a levé le moratoire en 2002 et permis l’expansion des OGM dans le pays. Vous ne pouvez pas vous laver les mains de ce qui a été fait ces dernières années dans notre pays !

Quand il s’agit de faire passer vos mauvais coups, notamment vos mauvais coups sociaux, vous êtes toujours disposés à faire appel à l’opinion publique – par exemple lorsqu’il s’agit de casser le droit de grève des enseignants Il en va tout autrement lorsqu’il s’agit des OGM, les Français ayant fait savoir massivement depuis des mois qu’ils n’en voulaient pas, ni dans leurs champs ni dans leurs assiettes. Auriez-vous peur du peuple ? Certains sont allés jusqu’à dire que faire appel au peuple serait politicien : voilà la conception de la démocratie que l’on a à l’UMP !

Oui, il faut un référendum sur les OGM, afin que les Français puissent dire s’ils veulent des OGM en France, ou s’ils veulent une agriculture de qualité, une agriculture qui s’exporte.

Croyez-vous que nous pourrons encore exporter quand notre agriculture tout entière sera contaminée par les OGM ? En cassant les AOC et l’agriculture biologique, vous allez signer l’arrêt de mort de l’agriculture tout entière !

C’est ce que nous refusons, et c’est pourquoi le groupe de la Gauche démocrate et républicaine votera la motion référendaire : il faut que ce soit le peuple qui tranche, sur cette question qui met en jeu l’avenir de notre planète ! »

Merci à Citron Vert.


Quand le gouvernement se félicite de casser les grèves

"Pour sa deuxième mise en œuvre au plan national, le service minimum dans les sociétés de transports a pallié efficacement, hier, les perturbations liées à la journée d’action sur les retraites."

C'est ainsi que les services du Premier Ministre ont commenté les résultats de la journée de grève du 22 mai dernier.

"Grâce à l’obligation de se déclarer en grève 48 heures à l’avance, les sociétés de transports, tout particulièrement en région parisienne, ont pu organiser le service et informer leurs clients en temps et en heure. Ainsi, ce sont des milliers de Français qui ont pu se rendre à leur travail, sans que soit mis en cause ni le droit de grève ni le droit d’expression des grévistes", a déclaré le Premier ministre."


dimanche 25 mai 2008

Retraite : contre-propositions

Un collectif de salariés a proposé voici plusieurs jours un ensemble de contre-mesures relatives à la réforme des retraites.

Voici leurs principales propositions. L'intégralité de l'appel est consultable ici.

1- Taxation immédiate des stock-options ("perte de recette aux alentours de 3 milliards d'euros").
2- Apurement des dettes de l'Etat, supérieures à 10 milliards d'euros, qu'il a cumulées à l'égard de la "Sécu" en ne compensant pas systématiquement les exonérations de charges (rapport Cour des Comptes).
3- Transfert des sommes non versées issues des privatisations depuis 2002 vers le fond de réserve des retraites.
4- Rééquilibrer la répartition des impôts et charges entre capital et travail
5- Supprimer les "niches" fiscales (254 "niches" permettent à 3900 contribuables d'échapper à tout impot sur le revenu, privant l'Etat de 43 milliards de recettes).
6- Aligner la retraite des députés sur le régime général


Sarkozyste déçu


Et votre retraite ?

Le mouvement de grève du 21 mai fut l'occasion, pour certains médias, de se pencher sur certaines retraites. Ainsi Bakchich.info s'intéresse à celles de quelques grands patrons.

Daniel Bouton (58 ans), PDG de la Société Générale relégué à un poste honorifique suite à l'affaire Kerviel, touchera une retraite de 723 750 euros par an. Autre exemple, les engagements de retraite d’Alcatel Lucent pour ses dirigeants "atteignaient à la fin de l’année dernière 40,2 millions d’euros, dont 28,1 millions pour les membres du conseil d’administration."

LE FIGARO préfère expliquer à ses lecteurs la légitimité des réformes (tout en leur suggérer d'optimiser fiscalement la leur): "À plus long terme, les calculs du Conseil d'orientation des retraites, qui intègrent le passage à 41 ans de cotisation, restent inquiétants pour 2020-2050"

"Conformément aux promesses du candidat Sarkozy, le minimum vieil­lesse sera revalorisé de 25 % en cinq ans et la pension de réversion portée de 54 % à 60 % d'ici à 2011 (un âge minimum sera réintroduit). Pour inciter les seniors à rester au travail, le gouvernement veut relever la surcote (pension majorée de 5 % par année de cotisation supplémentaire, dans la limite de 15 %), supprimer les limites au cumul emploi-retraite, les mises en retraite d'office et les limites d'âge. Plus délicat, l'âge plancher de dispense de recherche d'em­ploi pour les chômeurs (57,5 ans actuellement) sera relevé de six mois par an. Et le gouvernement propose de supprimer le «pécule» de départ en retraite pour les personnes n'ayant pas cotisé à taux plein."

Libération rappelle les principales idées alternatives sur le financement des retraites :
  • Transférer 1 point de cotisation chômage sur l'assurance vieillesse
  • Moduler l’âge de la retraite en fonction de la pénibilité des métiers
  • Réinventer la retraite progressive
  • Remettre les 45-60 ans au travail
  • Repousser à 61, 62, voire 63 ans l’âge légal du départ à la retraite
  • Faire entrer les jeunes dans le système dès 18 ans

Parallèlement, on apprenait que l'Union Européenne ouvre une enquête sur les retraites de France Telecom. La réforme du financement des retraites de fonctionnaires mise en place chez France Telecom pourrait constituer aide d'Etat incompatible avec la réglementation européenne.


samedi 24 mai 2008

55ème semaine de Sarkofrance : «Gouverner c'est faire croire»


Cette dernière semaine, la 55ème depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, on retrouve des airs connus: un bling bling renaissant, un Président omniprésent, des lois qui passent, une éthique qui trépasse.

Nicolas nettoie les mauvais malentendus.
L'éthique trépasse sur l'autel de la real-politik. Il faut discuter avec tous. Le président angolais en fut ravi. Nicolas Sarkozy s'est déplacé, en personne et en l'espace d'une journée, pour le consoler. Il est vrai que certains amis, nouveaux ou plus anciens, passent en jugement pour trafic d'armes et/ou corruption en octobre prochain : Falcone, Attali, Fenech, il ne faut pas laisser tomber ses proches ou ses serviteurs. Qu'importe si l'éthique en prend un coup au passage.

Sa parole ne se décompte pas.
Le débat institutionnel est revenu dans l'actualité. Faire croire que la réformette institutionnelle revalorisera le rôle du Parlement est une pirouette. Le Président conserve son droit de vie ou de mort sur l'Assemblée Nationale (la dissolution). Roger Karoutchi a même rappelé que la parole présidentielle ne saurait être décomptée du temps de l'UMP. Nicolas Sarkozy en a profité cette semaine pour poursuivre sa leçon de travail, quitte à trébucher sur un exemple barcelonais. Il peut attaquer, à chaque discours, la gauche ou les trente-cinq heures, sa parole est libre.

Nicolas négocie avec la junte birmane
L'attention publique aurait pu se porter sur un mouvement de grève contre une mesure incompréhensible (l'allongement à 41 ans de cotisations pour avoir une retraire pleine). Médiatiquement, il était important de réagir. Le Président s'est donc emparé d'une cause humanitaire. La dictature birmane refusait de laisser passer un navire français militaire, le Mistral. Sarkozy est intervenu, et surtout l'a fait savoir.

On ne discute pas les lois de Nicolas.
Après les couacs de la semaine passée, l'Elysée a tenu ses troupes parlementaires: la loi OGM fut enfin votée. Qu'elle sanctuarise la culture OGM en plein air ne pose visiblement aucun problème à Jean-Louis Borloo. Les agriculteurs gèreront.
Le débat institutionnel a souffert de la même fermeture présidentielle: les langues régionales seront reconnues dans la Constitution MAIS les immigrés intégrés n'auront pas le droit de vote. Le gouvernement l'a fait savoir à ses troupes, les députés UMP ont obtempéré. Etaient-ils seulement en désaccord avec cet affront républicain ? "Viens, bosse et tais-toi" est la nouvelle maxime de la Sarkofrance à destination de l'étranger en quête d'emploi.

Nicolas veut "
protéger" les journalistes et les juges.
Le 15 mai dernier, la loi sur la protection des sources est adoptée. Son article 1er prévoit simplement qu'il "ne peut être porté atteinte directement ou indirectement à ce secret qu'à titre exceptionnel et lorsqu'un impératif prépondérant d'intérêt public le justifie", seulement si "au cours d'une procédure pénale, (...) les nécessités des investigations rendent cette atteinte strictement nécessaire". Les juges, eux, doivent être protégés d'eux-même. C'est pour cela que le futur Conseil Supérieur de la Magistrature, instance de nomination et organe disciplinaire des magistrats, sera "composé d'un nombre minoritaire de magistrats face à des personnalités extérieures choisies par le pouvoir politique." On ne sait jamais !

Nicolas communique sur ses "succès."
Des statistiques partielles sur le recours au heures supplémentaires défiscalisées ont été (enfin) publiées: "désormais 59% des entreprises effectuant mensuellement leur déclaration URSSAF utilisent ce mécanisme." Que la majorité des entreprises ne soient pas concernées par ce résultat importe peu. Que l'effet d'aubaine ne soit pas mesuré, non plus. Eric Woerth, lui, s'est réjoui d'avoir supprimer 479 postes de plus que prévus dans la Fonction Publique en 2007. Belle affaire !

Nicolas décore beaucoup ses amis les stars
Festival de Cannes oblige (?), Nicolas Sarkozy a décoré de la Légion d'honneur Steven Spielberg (le 21 mai), Christian Clavier (le 21 mai) et même Céline Dion (le 22 mai). Photos à l'appui, il est souriant.

Gouverner, c'est faire croire.

Un B-A-BA politique bien intégré en Sarkofrance.

Ami Sarkozyste, où es-tu ?


Sarkozy nettoie les vieilles affaires du passé


Nicolas Sarkozy s'est rendu cette semaine en Angola pour dissiper les "malentendus."

Quarante-deux personnes doivent comparaître, en octobre prochain, dans le procès "Angolagate." Cette affaire concerne des ventes d'armes d'un montant de 790 millions de dollars à ce pays entre 1993 et 2000. Bref retour en arrière pour comprendre le "nettoyage" en cours.

Le principal négociateur du contrat d’armement, Pierre Falcone, longtemps en fuite à l’étranger sous couvert d’un passeport diplomatique angolais auprès de l’Unesco, affirme sans rire avoir agi par «devoir humanitaire vis-à-vis de l’Angola». Cohabitation oblige, il aurait rémunéré des lobbyistes de gauche (Jean-Christophe Mitterrand, Jacques Attali…) comme de droite (Jean-Noël Tassez, Paul-Loup Sulitzer…), mais surtout les dignitaires angolais : 55 millions de dollars en virements bancaires, deux millions en espèces plus, selon l’accusation, des «frais aériens, hôteliers, chirurgicaux»… Là encore, il minaude : «C’est pour faciliter les choses et non pour acheter des gens.» Peu importe après tout, car les commissions versées aux Angolais ne sont pas dans la saisine de la justice française - elle ne vise que les rétrocommissions bénéficiant à des décideurs bien de chez nous.

1. Pierre Falcone, Français de 52 ans, et Arcady Gaydamak, 54 ans, Israélien d'origine russe, sont les deux trafiquants présumés. En octobre 2007, Pierre Falcone s'est vu rendre son passeport Français, qui lui avait été confié en 2003. Le tribunal correctionnel de Paris avait également levé le mandat d'arrêt international lancé en janvier 2004 contre lui.

2. Jean-Christophe Mitterrand, 60 ans, fils aîné de l'ancien président de la République, et Jean-Bernard Curial, également socialiste, étaient proche du pouvoir angolais d'Eduardo dos Santos, comparaîtront pour "complicité de commerce illicite d'armes". Jean-Christophe Mitterrand nie toute implication.

3. Ls personnalités suivantes seront jugées pour avoir perçu des gratifications jugées illégales des vendeurs d'armes: Charles Pasqua, 79 ans ; Jean-Charles Marchiani, 63 ans ; l'ex-magistrat devenu député UMP de Lyon Georges Fenech, 53 ans ; Jacques Attali, 63 ans, ex-conseiller du président Mitterrand (1981-1990); l'écrivain Paul-Loup Sulitzer, 60 ans.

4. Les autorités angolaises sont accusées d'avoir perçus également des "gratifications." L'Angola a permis à Pierre Falcone, emprisonné pendant un an en 2000-2001 puis libéré sous contrôle judiciaire avec retrait de son passeport français et versement d'une caution de dix millions d'euros, de quitter la France en 2003. L'Angola lui a attribué un passeport diplomatique angolais "au titre de la représentation de ce pays à l'Unesco", qui lui confère en théorie une immunité.

Nicolas Sarkozy a proposé vendredi 23 mai un "partenariat économique et politique" à l'Angola.

"Je suis venu vous proposer une alliance qui reposerait sur des principes simples"
"Le respect mutuel, un partenariat d'égal à égal, la satisfaction de nos intérêts réciproques."
Il a annoncé la construction d'une nouvelle ambassade en France en Angola, d'agrandir le lycée français de Luanda, la création d'une fondation France-Angola ("qui assurera la promotion de projets de développement économique, humain et culturel"), la reprise des activités de l'Agence française de développement et des garanties de crédits par la Coface, ainsi que plusieurs accords de coopération et contrats commerciaux.


vendredi 23 mai 2008

Selon Sarkozy les grutiers de Barcelone travailleraient 11 heures par jour, 365 jours par an

Nicolas Sarkozy s'est pris les pieds dans les pattes de son raisonnement. Une (petite?) bourde présidentielle, en direct ou en différé sur vos écrans. Merci à Contre-info d'avoir relevé l'information.

"En déplacement à Orléans, Nicolas Sarkozy déclare à propos de la réforme du statut des dockers :

Je crois à la réforme des ports. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise...

Un grutier du port de Marseille travaillait 2000 heures par an.

Un grutier du port de Barcelone ou un grutier du port d’Anvers travaillait 4000 heures par an.

Si l’on prend pour base les 220 jours travaillés en moyenne chaque année par les français, les 2000 heures créditées aux dockers Marseillais représentent tout de même un peu plus de 9 heures par jour."




Jour de grève, jour de fermeture en Sarkofrance

Entre 300 et 700 000 manifestants se sont retrouvés jeudi 22 mai pour protester contre l'allongement, sans négociation, à 41 ans de cotisation pour une retraite pleine. "Une mobilisation assez forte," reconnaît le FIGARO. Laurence Parisot, présidente du MEDEF, a persisté à réclamer de repousser l'âge de légal de départ à la retraite à 63 ans et demi.

"Si l'on décide de partir à 63 ans et demi, on pourra équilibrer le régime général."
Les députés n'étaient pas en grève. Jeudi soir, ils ont adopté un amendement socialiste à la réforme des institutions qui inscrit le référendum d'initiative populaire dans la Constitution.

Un référendum "peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales", stipule cet amendement présenté par Arnaud Montebourg et les membres du groupe socialiste. Il a été adopté par 113 voix contre 10.

Un sous-amendement du rapporteur UMP Jean-Luc Warsmann, adopté lui aussi par les députés, renvoie à une loi organique les modalités de la procédure et précise que le référendum d'initiative populaire ne pourra pas s'appliquer à une loi promulguée depuis moins d'un an. Il s'agit d'éviter que l'opposition ne se serve du référendum comme d'une "deuxième chance" pour abroger une loi venant d'être votée (source).

En revanche, trois autres amendements, soutenus par la gauche et le Nouveau Centre, ont été d'abord torpillés par le gouvernement puis rejeté par l'Assemblée. Ces trois amendements visaient à accorder le droit de vote aux étrangers.
Celui de Jean-Christophe Lagarde (NC) prévoyait d'accorder le droit de vote pour toutes les élections aux citoyens de l'Union européenne résidant en France depuis 5 ans au moins, une loi organique devant préciser ensuite les scrutins concernés.
Jean-Christophe Lagarde s'est étonné que "l'on n'admette pas le vote des Européens aux élections régionales et cantonales" alors qu'ils peuvent voter aux municipales.
Prévoyant d'aller plus loin encore, le groupe GDR (PCF et Verts) a soumis a l'assemblée un amendement accordant le droit de vote aux étrangers même non-communautaires, "résidant sur le territoire français, après une présence légale continue de 5 ans, dans les conditions déterminées par la loi", une loi organique précisant ensuite les élections concernées.
Le dernier amendement, uniquement signé par les députés communistes, prévoyait un droit de vote sans condition de durée de résidence pour tous les étrangers (source).

Commentaire : cette fermeture à plus grande citoyenneté active des étrangers non-européens illustre bien les limites de la politique "d'identité nationale" mise en oeuvre par Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux. Les immigrés doivent être "choisis", puis travailler mais se la fermer: "viens, bosse et ferme ta gueule !"

Ami Sarkozyste, où es-tu ?


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